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FACTEURS LIMITANT L’IMPLICATION DES
PARENTS DANS L’EDUCATION SEXUELLE DES
ADOLESCENTS DANS LA VILLE DE SANGMELIMA:
CAS DU QUARTIER LOBOSSI

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1.1 Contexte du problème
L’adolescence est une période de l’évolution de l’individu, conduisant de l’enfance à l’âge
adulte. Elle s’accompagne d’importantes transformations biologiques, psychologiques et
sociales. La sexualité se définit comme l’ensemble des phénomènes rattachés à la vie sexuelle ;
la manière dont nous interagissons avec nos partenaires sexuels dépend grandement des
discours et des normes sociales. L’agentivité, concept relativement récent et de plus en plus
utilisé dans les études sur le genre et sur les jeunes fait référence à la capacité des hommes et
des femmes de prendre en charge leur propre sexualité et de l’exprimer de façon positive.(1)
S’il apparaît relativement aisé pour un homme de faire preuve d’agentivité sexuelle, le
développement de cette agentivité semble beaucoup plus problématique chez les femmes, en
particulier chez les adolescentes. LANG Marie-Ève, « L’« agentivité sexuelle » des
adolescentes et des jeunes femmes,» Recherche féministes, 2011.
En début d’adolescence, les individus n’ont pas atteint une maturité physique, cognitive
et émotionnelle nécessaire à une relation sexuelle (Sieving et al. 2002; Dixon Mueller, 2008).
Des activités sexuelles intervenues durant cette période sont susceptibles d’être plus associées
à des risques sanitaires. Or, un comportement de prise de risque établi en début d’adolescence
aura tendance à être maintenu dans l’âge adulte (The world Bank, 2007). Le défi sanitaire
consiste à amener les adolescents à adopter des comportements moins risqués dès les bas âges
pour éviter des dépenses coûteuses plus tard. Une plus grande implication des membres de la
famille dans l’éducation et le contrôle des enfants peut contribuer à relever ce défi (WHO,
2002). La relation entre les parents et les enfants seraient le fondement de l’influence de la
famille sur le comportement des adolescents (Dishion et McMahon). Elle se manifeste par
l’affection ou la chaleur parentale, le soutien parental ou la proximité entre les parents et les
enfants. Un enfant ayant des rapports étroits et harmonieux avec les parents tend à se référer
aux valeurs parentales dans ses choix dans les domaines de la sexualité et de la reproduction.
L’intériorisation de ces valeurs nécessite deux préalables : une perception précise du message parental et sa prise en compte dans le comportement (Grusec et Goodnow). À l’inverse, des
relations coercitives ou conflictuelles sont plus susceptibles de conduire à l’adoption de
comportement à risque (Patterson, Metzler et al, 2011). La qualité de la relation entre les
parents et les enfants conditionne aussi la réussite de la supervision parentale. Une supervision
exercée sur des adolescents qui ne se sentent pas liés à leurs parents aura peu d’effet. (
Miangotar Yode, 2010).

Les parents ont donc un rôle important à jouer dans l’éducation à la sexualité de leur
jeune. Concrètement, une relation positive et une bonne communication entre les parents et
leurs enfants sont des facteurs qui influencent positivement la sexualité de ces derniers (début
plus tardif des premières relations sexuelles, nombre moindre de partenaires sexuels, plus
grande utilisation du condom ou des autres moyens de contraception, communication accrue
entre le jeune et son partenaire amoureux quant à la sexualité, etc. Les jeunes désirent que leurs
parents les comprennent, les écoutent et acceptent leurs sentiments et leurs opinions. (Eastman
et al, 2005) De nous jours les jeunes préfèrent recevoir de l’information sur la sexualité chez
les amis, école, Internet, médias (Kaiser Family Foundation, 1999; O’donnell et al, 2007)
plutôt que de les recevoir de leurs parents. Les adolescents sont plutôt réticents face à
l’implication de leurs parents dans ce domaine. Malgré l’importance de parler de sexualité, les
parents font face à différents obstacles. En effet, plusieurs ne savent pas quoi dire, quand le dire
et comment le dire. Certains se sentent inconfortables d’aborder ce sujet avec leur jeune alors
que d’autres craignent la réaction de celui-ci. Pour soutenir les parents dans certains aspects de
leur rôle d’éducateur à la sexualité auprès de leur jeune, des rencontres de groupe ont été créées.
Les études ont démontré que les parents ont besoin d’être sensibilisés à l’importance de leur
rôle, d’être informés sur différentes thématiques, mais ils ont aussi besoin de développer leurs
habiletés pour communiquer avec leurs enfants. Les rencontres de groupe sont donc une
occasion d’échanger avec d’autres parents et de mettre en pratique certaines habiletés pour
aborder le sujet avec leurs adolescents. (Mosaik rencontre de parents : PARLER DE
SEXUALITÉ AVEC SON ADOLESCENT : QUELLE EST LA PLACE DU PARENT ?)
L’éducation sexuelle chez les enfants et les adolescents est une préoccupation importante.
Particulièrement dans le contexte social actuel, où la sexualité est omniprésente dans leur
environnement (Gouvernement du Québec, 2003; Y des femmes de Montréal, 2013) et où
« ils ont à se situer parmi un éventail de messages, de conduites et de modèles liés à la sexualité qui sont parfois confus. Pour ce faire, ils ont besoin de soutien et d’accompagnement. Parmi les
différents acteurs qui contribuent activement à ce type d’éducation (gouvernement, milieu
scolaire, milieu de la santé, services sociaux, intervenants, médias sociaux, réseaux sociaux,
etc.), une forte proportion de recherches démontre que les parents jouent un rôle primordial
dans l’éducation sexuelle de leurs enfants. D’abord, c’est avant tout par l’entremise des parents
que l’enfant reçoit son premier bagage d’informations sur la sexualité, qui lui permettent de se
situer quant au monde extérieur. À l’adolescence, malgré les nombreuses sources d’influences
externes à la famille, le parent demeure un agent de socialisation important pour aider le jeuneà interpréter et relativiser les informations sur la sexualité qu’il reçoit dans son entourage . Cette
vision semble partagée par les jeunes.(2) L’adolescence est une période propice pour initier des
discussions sur la sexualité parce que les adolescents sont réceptifs et ouverts à parler de
sexualité et d’autre part, il s’avère que les propos de leurs parents exercent encore une influence
considérable sur leurs choix et leurs comportements (lefkowitz et stoppa, 2006).
Birraux (2012) explique que même si l’adolescent, est encore immature, il préfère
consulter internet plutôt que de poser des questions à ses parents, il n’est pas encore capable
d’intégrer les informations. Cette période est souvent difficile à vivre car le jeune souhaite se
distancer de ses parents mais, en même temps, il a encore besoin d’eux, notamment en ce qui
concerne son développement psychosexuel. Desnauliers (2001) insiste sur l’importance du
milieu familial dans l’éducation sexuelle car celle-ci suit quotidiennement la progression de
l’enfant ; l’éducation sexuelle débute au sein de la famille puis continue à l’école mais garde
toujours un contact exceptionnel avec cette première cellule sociale (Lora Naef Juin 2019).
En 2010, le bureau européen de l’organisation Mondiale de la Santé (OMS) renouvelait
les standards d’éducation à la santé sexuelle en faisant évoluer une approche jusqu’alors basée
sur la prévention des risques en une approche plus positive, de nature holistique (1). Dans cette
nouvelle approche, l’éducation à la santé sexuelle a pour objectif un « apprentissage des aspects
cognitifs, émotionnels, sociaux, interactifs et physiques de la sexualité », adapté aux niveaux
de connaissance et à l’âge des individus. Cet objectif d’enseignement a été désigné comme
prioritaire par l’organisation des Nations Unies (ONU) en 2015 (3)
L’Europe est loin de prôner l’Union. Les pratiques sont aussi variées que les pays.
Petit tour d’ horizon de la façon dont on aborde le sujet dans les pays La question de « la
chose » est souvent compliquée à évoquer avec les adolescents. Sujet de citoyenneté, prévention médicale, approche purement scientifique avec l’étude des organes de
reproduction. Il y a beaucoup à dire, à un âge crucial, mais aussi beaucoup de préjugés et de
méfiance à affronter. Le sujet n’est pas tabou. Mais l’aborder en famille à l’heure du repas
n’est pas ce qu’il y a de plus aisé. L’équilibre à trouver est fragile et les disparités entre les
pays d’Europe restent prégnantes. Les préliminaires sont ainsi très disparates. L’âge auquel
le sexe est abordé pour la première fois peut passer du tout au rien. (4)
La Belgique prône une éducation dès le plus jeune âge, dans laquelle vie sentimentale
et sexuelle vont de pair. Elle développe une approche sensible dès la fin du primaire. La
contraception est abordée à partir de 14 ans. Cette approche de prévention très en amont sembleassez logique quand on constate, au niveau européen, une avancée progressive de l’âge du
premier rapport après les années 80 – stabilisé aux alentours de 17 ans maintenant. En Suisse
alémanique, il existe même une polémique « SexBox », kit pédagogique à base de peluches
d’organes sexuels, proposée aux enfants de 4ans.(1)
Aujourd’hui en France, les études sur la santé sexuelle des adolescents révèlent des
comportements à risque. Parmi les élèves sexuellement actifs au collège, l’usage du préservatif
a par exemple nettement diminué, aussi bien pour les garçons que pour les filles (70,5 % des
jeunes déclaraient l’avoir utilisé lors de leur dernier rapport en 2018 contre 85,4 % en
2010) .Maillochon F, Ehlinger V, Spilka S, Godeau E. Relations amoureuses et sexualité.
Résultats de l’Enquête nationale en collèges et en lycées chez les adolescents sur la santé et les
substances(5)
Ces adolescents représentent une population vulnérable : chaque année, 160 000 enfants
sont victimes de violences sexuelles. Violences sexuelles faites aux enfants. France :
Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants ; 2023
nov [cité 26 févr 2024].
Depuis la conférence de Mexico (1984), l’adolescent est perçu comme une catégorie
particulière de la population qui a des problèmes spécifiques à cause de sa jeunesse et de son
comportement sexuel. Selon l’OMS (2019), on estimait que, dans les pays à revenu faible ou
intermédiaire, 21 millions de jeunes filles âgées de 15 à 19 ans tombaient enceintes chaque
année, et qu’environ 50 % de ces grossesses étaient non désirées et donnaient lieu à quelque 12
millions de naissances de plus D’après les données pour la même année 2019, 55 % des grossesses non désirées chez les adolescentes âgées de 15 à 19 ans se terminent par un
avortement, qui, dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, est souvent pratiqué dans des
conditions dangereuses .Or des études révèlent un lien net entre la surveillance parentale et les
comportements sexuels à moindres risques parmi les adolescents afro-américains de 14 à 19
ans, de hauts niveaux de surveillance parentale sont associés à une incidence réduite de
gonorrhée et chlamydia (après correction d’âge et d’infection de base) (Bettinger JA et al,
2004).
En Amérique, des entrevues menées par Internet auprès de 1 171 adolescents canadie

ns
révèlent que 45% d’entre eux considéraient leurs parents comme un modèle en matière de
sexualité, suivis des amis (32 %) et par la suite les célébrités (15 %). (Frappier et al. , 2008). 

Ainsi, la contribution du parent dans l’éducation sexuelle s’avère essentielle, et ce, tout au
long de la maturation des adolescents.
Au Québec, Dans un document rédigé par Francine Duquet pour le Ministère de
l’Éducation (Gouvernement du Québec, 2003), l’éducation à la sexualité va au-delà de la
prévention et la simple transmission de connaissances. Il s’agit d’une démarche qui vise à
informer, à faire réfléchir et qui aide éventuellement à se construire. Cela implique notamment
pour les adultes de livrer des messages qui ont un sens clair et non ambigu, et ce, tout en
considérant l’âge de l’enfant ou de l’adolescent ainsi que le contexte de sa demande .À ce propos,
les parents occupent une place importante en terme d’éducation à la sexualité chez les jeunes,
qu’ils soient en bas âge ou à l’adolescence (Jerman et constatin ,2010). Le rôle privilégié du
parent et sa présence continue permettent d’éduquer le jeune à travers les années. L’un des
moyens d’exercer activement ce rôle est de parler de sexualité avec l’enfant. C’est à travers
cette discussion que le parent a la possibilité de transmettre des informations qu’il juge
pertinentes à l’ égard de la sexualité et propices au niveau du développement actuel de son
enfant (Mauras et al., 2012). De plus, pour le parent, il s’agit de l’opportunité de stimuler la
réflexion et le sens critique de son enfant sur divers aspects relatifs à la sexualité, ainsi que
l’occasion de l’outiller afin qu’il puisse faire des choix éclairés en matière de sexualité (Lagina,
201 0).
Parmi les 20 % de femmes et 10 % d’hommes rapportant avoir vécu des violences
sexuelles au cours de leur vie, 81 % des victimes déclarent que ces premières violences ont
commencé avant l’âge de 18 ans. Salmona L. Impact des violences sexuelles de l’enfance à
l’âge adulte [Internet]. Association mémoire traumatique et victimologie ; 2015 mars p. 13.
La majorité sexuelle est fixée à l’âge de 15 ans. Avant, l’état considère que l’adolescent
n’a pas assez de connaissances sur lui et sur les autres pour pouvoir avoir des rapports sexuels de manière sécurisée et consentante. Seuls 15 % des jeunes ont des rapports sexuels avant l’âge
de 15 ans et ce chiffre reste stable dans le temps. Maillochon F, Ehlinger V, Spilka S, Godeau
E. Relations amoureuses et sexualité. Résultats de l’Enquête nationale en collèges et en
lycées chez les adolescents sur la santé et les substances – EnCLASS 2018 [Internet].
Rennes : École des hautes études en santé publique (EHESP); 2021 juin p. 10.
En Afrique, les problèmes liés à la sexualité des adolescentes se posent dans un contexte
caractérisé par de profondes mutations (dues aux facteurs historiques, à l’urbanisation et à la
colonisation) qui ont marqué le continent au cours du dix-neuvième siècle. Ces mutations ontsensiblement bouleversé les pensées, les modes de vies et les comportements des individus. Le
contrôle social de base s’est relâché et a donné lieu à un changement des comportements sexuels.
AtheA N. Parler de sexualité aux adolescents. Crips/Eyrolles, 2009.
Les comportements et attitudes sexuels des jeunes diffèrent sensiblement en fonction de
l’âge. En Afrique sub-Saharienne, les données disponibles révèlent une situation caractérisée
par une population extrêmement jeune où plus de la moitié de la population a moins de 20 ans,
avec l’entrée en vie sexuelle précoce (18,9% des filles dont l’âge varie entre 15 – 19 ans ont leurs
premiers rapports avant 15 ans),Le développement du multi-partenariat et l’augmentation du
nombre de grossesses qui surviennent avant le mariage du fait de la non utilisation systématique
des méthodes contraceptives rendent vulnérable la santé sexuelle des adolescents. La promotion
de comportements sexuels sans risque fait partie des mesures destinées à contrôler l’épidémie
de VIH. De plus, étant donné que les femmes sont plus vulnérables que les hommes ; il est aussi
important de savoir si elles sont en mesure de combattre les attitudes et comportements sexuels
à risques avec leur partenaire.(6) La santé sexuelle et reproductive des jeunes est au centre des
préoccupations actuelles visant à répondre aux besoins de la jeunesse car, suite à la dépravation
comportementale et au relâchement des mœurs en matière de sexualité les risques pour la santédes mères adolescentes ainsi que celle de leurs enfants deviennent par conséquent incalculables.
L’adolescence offre une occasion de rectifier les problèmes survenus au cours des dix premières
années de vie. Ainsi, des interventions menées durant l’adolescence peuvent réduire les effets
indésirables à long terme de la violence et des abus infligés dans l’enfance ou de la malnutrition
et éviter qu’ils se répercutent sur la santé dans les années à venir. Ministère du Plan et Suivi
de la Mise en œuvre de la Révolution de la Modernité et Ministère de la Santé Publique,
« Deuxième Enquête Démographique et de Santé (EDS-RDC II),» 2013 – 2014.
Au Burkina Faso, le gouvernement et ses partenaires au développement ont mis en place
des politiques et des programmes tendant à réduire le niveau de risque sanitaire induit par le
comportement sexuel des adolescents. Ces actions intègrent de plus en plus la famille dans leurs
stratégies. La réussite de celles-ci reste conditionnée par une meilleure connaissance des
facteurs du milieu familial associés au comportement sexuel. La priorité des futures actions
devrait viser la sensibilisation des parents, des tuteurs et des adultes du ménage pour
l’éducation, le soutien et le suivi de tous les adolescents, sans exception de sexe et de statut
dans la sexualité. (7) Les institutions extrafamiliales, comme l’école, devraient être mises à
contribution pour appuyer l’effort des membres de la famille. Une stratégie combinée de promotion du report de l’entrée en sexualité et de l’éducation sexuelle pourrait être un moyen
plus sûr et plus sécuritaire pour protéger la santé dans l’adolescence (Miangotar Yode, 2010).
Il ressort qu’il existe une grande homogénéité dans l’éducation parentale à la sexualité
des jeunes à travers les classes sociales à Ouagadougou : tous les parents font la promotion de
l’abstinence avant le mariage, surtout pour les filles, les garçons ayant plus de liberté. Il s’ensuit
que l’éducation à la sexualité des parents à Ouagadougou consiste avant tout en un contrôle
parental visant à préserver la virginité des jeunes filles. En effet, la plupart des jeunes, de par
leur accès à l’école, aux médias, et aux groupes de pairs, acquiert une culture « jeune » qui
valorise la sexualité avant le mariage, ce qui les amènent à contourner le contrôle
parental(Octobre 2010 © Miangotar Yode, 2010).
Dans plusieurs pays en développement, comme en RDC un trop petit nombre d’études
rendent difficile l’estimation réelle des problèmes liées à la santé sexuelle des jeunes. Selon une
étude réalisée à Botswana l’insécurité alimentaire augmente la prise de risque sexuel, en
particulier chez les femmes vivant dans la pauvreté qui dépendent souvent d’autres personnes
pour la nourriture et d’autres ressource. La malnutrition affaiblit le système immunitaire et peut
compromettre l’intégrité de la muqueuse génitale augmentant ainsi la vulnérabilité aux
infections opportunistes et au VIH une fois exposé.SHERI D. WEISERand al, «Food
Insufficiency Is Associated with High-Risk Sexual Behavior among Women in Botswana
and Swaziland,» journal.pmed.0040260, October 2007.
Au Cameroun, Malgré la baisse observée ces 20 dernières années, la proportion des
femmes ayant eu leurs premiers rapports sexuels longtemps avant d’entrer en union reste
importante. D’après la cinquième Enquête Démographique et de Santé du Cameroun (EDSCV) réalisée du 16 juin 2018 au 19 janvier 2019, par l’Institut National de la Statistique (INS),
en collaboration avec le Ministère de la Santé Publique, 18% de femmes de 25-49 ans ont eueurs premiers rapports sexuels avant l’âge de 15 ans, 64 % avant 18 ans et de 83 % avant 20
ans. L’âge médian de cet échantillon est de 17,0 ans. Chez les hommes de 25-49 ans, l’âge
médian aux premiers rapports sexuels est de 19,3 ans. Avant l’âge de 15 ans, 7 % des hommes
avaient déjà commencé leur vie sexuelle, 33 % avant l’âge de 18 ans, et 57 % avant 20 ans.(8)
Les jeunes femmes de 15-19 ans, renseigne cette étude, ont une activité sexuelle plus
précoce que les hommes du même groupe d’âges. 12 % d’adolescentes contre 6 % d’adolescents
avaient déjà eu leurs premiers rapports sexuels avant leur 15e
anniversaire. Plus de la moitié des
jeunes femmes soit 56 % et un peu plus de deux jeunes hommes sur cinq (43 %), âgés de 2024 ans sont passés à l’acte sexuel avant l’âge de 18 ans. Le pourcentage de femmes de 20-49
ans ayant eu leurs premiers rapports sexuels avant d’atteindre l’âge de 18 ans est passé de 79
% en 1998 à 62 % en 2011 et en 2018. Chez les hommes du même groupe d’âges, ce
pourcentage est passé respectivement de 52 %, à 44 % et à 35 %.(10)
Les facteurs les plus importants d’initiation sexuelle avant l’âge de 16 ans étaient
l’origine ethnique du père, la scolarisation et l’instruction au niveau primaire ou du premier
cycle secondaire. La composition de la famille et le niveau de vie du foyer se sont avérés les
facteurs le plus régulièrement associés aux comportements sexuels à risques. Par rapport aux
jeunes vivant dans un foyer jouissant d’un niveau de vie élevé, les plus pauvres étaient 1,4 fois
plus susceptibles d’être sexuellement actifs au moment de l’enquête et 1,3 fois plus susceptibles
d’avoir eu des rapports sexuels de passage au cours de l’année précédente.(11) Les jeunes
vivant avec un seul parent étaient 1,6 fois plus susceptibles que ceux membres d’un foyer
comprenant deux parents d’être sexuellement actifs, 2,8 fois plus susceptibles d’avoir plusieurs
partenaires, 1,7 fois plus susceptibles d’avoir eu des rapports de passage durant l’année
précédente et 1,1 fois plus susceptibles de ne pas utiliser le préservatif. Le partage du foyer des
grands-parents avait généralement un effet protecteur, tandis que la vie avec un frère une sœur,
seul ou seule ou avec d’autres personnes accroissait généralement la probabilité d’adoption de
comportements sexuels à risques
À Maroua, les résultats montrent qu’il existe une corrélation entre l’encadrement
parental et le développement émotionnel et sexuel des adolescents. L’analyses des données
recueillies, les hypothèses formulées sur les différents styles parentaux que sont : le style
autoritaire (4,3%), le style démocratique (3,6%), le style permissif (48%) et le style négligent
(4,7%), qui stipulent que l’encadrement parental impacte sur le développement émotionnel, ont
été confirmées. A la lumière de cette étude, il est établi que, ce que vit l’adolescent lors de sondéveloppement émotionnel dans le cadre familial, l’affecte de manière décisive pour être
transposé en milieu scolaire et par conséquent produit des effets négatifs ou positifs selon les
cas (GALY MOHAMADOU)
Au Sud Cameroun, Le sujet fait débat et les avis ne convergent pas toujours. Le problème
est d’abord culturel. Benjamin Yene, délégué régional de la promotion de la femme et de la
famille du Sud relève d’ailleurs à ce sujet que, « sur le plan socio culturelle, la mentalité de la
femme est plus libérale dans la région du Sud. La libéralité des mœurs assez poussée ici, fait
que la sexualité n’est pas un sujet tabou ». A ce chapelet, Benjamin Yene n’épargne pas «l’absence de plus en plus régulière des parents auprès de leurs enfants ». Et puis, Il ne faudrait
pas surtout oublier, la mauvaise gérance de la puberté. « Une gestion approximative de toute la
curiosité se dégageant de cette période délicate chez la jeune fille. Un manque d’éducation
sexuelle en somme », martèle enfin Marguerite Eugenie Nsongo Moukala, chef service de la
promotion sociale de la femme et du genre à la délégation régionale de la promotion de la femme
et de la famille du Sud. (2)
Cela dit, pour être en mesure de discuter de sexualité avec son enfant, le parent doit
posséder certaines compétences, avoir un bon niveau d’aisance à aborder le sujet et, disposer
suffisamment de connaissances en matière de sexualité, être en mesure d’avoir un dialogue
ouvert et réceptif tout en considérant le point de vue du jeune. Également, le parent doit se
percevoir comment étant capable d’aborder un tel sujet, cet aspect faisant référence au sentiment
d’auto efficacité. Cependant, certaines recherches soulignent que les parents éprouvent
particulièrement des difficultés quant à leur niveau de connaissances et leur sentiment d’auto
efficacité. D’ailleurs, le niveau de connaissances perçu et le sentiment d’auto efficacité s’avèrent
plus faibles chez les parents n’ayant pas parlé de sexualité avec leurs adolescents contrairement
aux parents qui ont déjà abordé le sujet. De plus, un faible niveau de connaissances tend à
diminuer le nombre de sujets abordés avec le jeune. À l’opposé, les parents ayant un niveau de
connaissances perçu et un sentiment d’auto efficacité élevés rapportent avoir eu des discussions
plus nombreuses au sujet de la sexualité. Ces variables semblent moduler la fréquence et le
contenu des discussions à propos de la sexualité.(12).

Department
nurse
Project ID
info0022
Price
20000XAF
International: $60
Number of pages
94
Instruments/method
QUANTITATIVE
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Analytical tool
YES
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1-5
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